• marlenevissac

Les mycorhizes au profit des prairies et pelouses

Mis à jour : mai 6

Les propriétaires de jardins, parcs, parcours de golf utilisent parfois des quantités d'engrais impressionnantes, plusieurs fois par an, dans l'objectif de rendre les pelouses vigoureux, verdoyants, "sains". Par l'effet du ruissellement des eaux de pluie, les produits de synthèses se retrouvent dans les eaux de surface et souterraines, dont les conséquences sont lourdes d'impact environnemental et sanitaire.


La solution ? Le recours aux mycorhizes arbusculaires !

La méthode d'inoculation de mycorhizes peut remplacer entièrement l'application de fertilisant de synthèse, en particulier le recours au phosphore chimique, dans la mesure où le réseau mycorhizien mobilise à la fois l'azote et le phosphore.

LES HERBES - GRAMINÉES OU POACÉES

Les herbes se répartissent en 2 grands groupes physiologiques, selon le nombre de molécules de carbone produites au cours de la photosynthèse :

- Les herbes de saison froide : C3

- Les herbes de saison chaudes : C4 - Poussent généralement sous des climats tropicaux et sont moins dépendantes aux mycorhizes.


Toutes les herbacées, bambous et céréales compris, les herbes des pelouses, terrains de golf ou prairies, forment facilement des mycorhizes arbusculaires.


Voici quelques exemples d'espèces les plus communes qui en forment :

- Chiendent de boeuf - Stenotaphrum secundatum

- Fétuque rouge - Festuca Rubra

- Herbe de Bahia - Paspalum notatum

- Herbe des Bermudes - Cynodon dactylon

- Herbe centipède - Eremochloa ophiuroides

- Pâturin des près - Poa pratensis

- Ray-grass anglais - Lolium perenne

- Zoysia - Zoysia spp.

LES BÉNÉFICES

Les associations avec les champignons mycorhiziens arbusculaires profitent aux Graminées pour les bénéfices suivants :

  • Les herbes inoculées sont en meilleure santé ;

  • Augmentation de la chlorophylle, consécutive à une augmentation de la photosynthèse ;

  • Système racinaire plus étendu, plus dense à croissance plus rapide ;

  • Amélioration de la structure du sol en favorisant la séquestration de carbone, en augmentant les agrégats et donc la porosité du sol ;

  • Améliore la circulation de l'eau ;

  • Les mycorhizes soutiennent et améliorent les sols fortement dégradés par piétinement et compactage ;

  • Augmente la résistance à la sécheresse en allant en profondeur cherché la ressource eau, pour ensuite la mettre à disponibilité des végétaux (biodisponibilité) ;

  • Les mycorhizes régulent les infections dues aux bactéries, nématodes et autres agents pathogènes.

GESTION DE L'EAU

L'approvisionnement en eau de grandes étendues herbeuses peut être une opération coûteuse, inutile et qui demande beaucoup de temps. Sous certains climats et contexte, les Graminées associées aux mycorhizes n'ont pas besoin d'irrigation. En effet, les mycorhizes non seulement stockent l'eau mais sont aussi capables d'aller la chercher plus loin ou plus profondément.

Les champignons arbusculaires forment d'extraordinaires réseaux extra-racinaires dans le sol, ce qui augmente l'accès des racines des herbes à l'eau, notamment en période de sécheresse.


Le manteau complexe formé autour des racines par les champignons ectomycorhiziens retient l'eau également, ce qui augmente le stockage et la capacité de la plante à interagir avec l'eau de surface. Les champignons arbusculaires forment également un grand nombre de vésicules à l'intérieur des racines des herbes qui restent ainsi hydratées et spongieuses pour protéger les racines du dessèchement pendant la sécheresse.


Les champignons endomycorhiziens déposent de la glomaline collante dans le sol, qui en améliore sa structure en permettant la formation d'agrégats composés de différentes particules nutritives. Les particules de terre enrichie en glomaline s'agglutinent en créant des pores, des tunnels et des réservoirs pour une meilleure rétention et circulation de l'eau. La colonisation mycorhizienne augmente aussi le nombre d'aquaporine racinaire, ces protéines membranaires qui permettent le passage de l'eau de part et d'autre d'une membrane.


Les mycorhizes influencent le système hydraulique de l'herbe hôte en équilibrant l'eau absorbée par ses racines et celle libérée par les stomates. Les pores des stomates s'ouvrent et se ferment pour réguler la quantité des gaz et de la vapeur d'eau qui est expulsée ou retenue par la plante. Les stomates se ferment lorsque l'eau devient rare et s'ouvrent de nouveau pour permettre les échanges et donc la respiration. Toutes les espèces ni tous les plants d'une même espèce n'adopteront la même stratégie face à un stress hydrique. Ceci est certainement dû aux associations établies avec le plant.


Enfin, les mycorhizes jouent un rôle essentiel dans les échanges gazeux dans les plantes, en les aidant à expulser l'oxygène et à absorber le dioxyde de carbone pour plus d'efficacité dans la photosynthèse.

LA DISPONIBILITÉ DES NUTRIMENTS

Les monocultures engendrent toujours des problèmes : si une infection fongique ou l'apparition de nématodes a lieu à un endroit donné, ce problème va gagner toute l'étendue de la pelouse d'une seule espèce. Alors que certaines herbes adventices apportent en réalité des nutriments à la pelouse. Le trèfle par exemple, fixe l'azote atmosphérique, forme aussi des associations mycorhiziennes, et comme les mycorhizes fournissent de l'azote aux racines des herbes, l'introduction de trèfle dans une pelouse est un excellent moyen d'en augmenter son taux biodisponible et de le répartir homogénéiquement sur l'ensemble de la parcelle, et ainsi obtenir une belle pelouse pleine de vigueur et saine, sans avoir recours aux fertilisants de synthèses.


Par ailleurs, le trèfle retient l'eau plus longtemps que la plupart des herbes de pelouse et il a tendance à partager l'eau avec les autres organismes du réseau trophique du sol.


Le pissenlit est si efficace pour trouver des minéraux avec ses partenaires mycorhizes qu'il est parfois utilisé comme couvert végétal entre deux périodes de culture. Le semis ou le développement des Graminées l'année suivante sera plus efficace car le sol contiendra davantage de phosphore et de calcium, éléments indispensables à la biologie et à la santé du végétal.

LES INOCULANTS

Le mélange de spores et de propagules dans le sol semblent être une excellente manière de venir en aide aux herbes de pelouses et gazons, mais le mélange fongique fonctionne dans les 2 sens et peut également encourager le développement des herbes adventices, car bon nombres d'entre elles forment des mycorhizes.


Si une pelouse diversifiée vous fait rêver, l'inoculation par prélèvement de spores en sol est tout à fait pertinente et propice à la réussite. La méthode d'inoculat dépend de vos équipements et surface : enrouler les graines ou les vaporiser après semis, ou encore encourager une pelouse ou prairie en place par un saupoudrage ou un arrosage avec inoculant liquide. Chaque contexte sa méthode !

Si un pelouse régulière et monovariétale est votre objectif, l'utilisation de préparation commerciale reste la solution la plus viable.


Un prochain article présentera les différentes possibilité de prélever et cultiver ses mycorhizes.


Une fois que les Graminées sont installées et prospèrent, il est plus facile de reconstituer les spores fongiques. Certains mélanges en poudre sont assez fins pour parvenir jusqu'au système racinaire par le soutien d'arrosage régulier. L'inoculant sous forme liquide peut être plus efficace.


Sur un sol dégagé par une récente construction, l'ajout de champignons mycorhiziens est presque indispensable tant les aléas de la construction endommage fortement la structure du sol et fait disparaître les matières organiques. La plupart des organismes importants présents dans le sol qui y prospéraient n'y existent plus tant leur milieu est privé d'oxygène, de nourriture et d'eau. Comme exposé plus haut, les mycorhizes peuvent participer à améliorer la structure du sol et aider à les restaurer en encourageant le développement du réseau trophique, réseau essentiel à la vie de l'ensemble des végétaux.


Une étude canadienne portant sur des sols de fertilité variable a révélé la présence de 17 espèces de champignons mycorhiziens arbusculaires dans la rhizosphère de l'agrostide des chiens (Agrostic canina) et 15 dans l'agrostide stolonifère (Agrostic stolonifera) ! Les inoculants sont un terrain d'expérimentation inépuisable !

ESPÈCES DE CHAMPIGNONS MYCORHIZIENS DANS LES MÉLANGES POUR GAZONS

- Funneliformis monosporus

- Funneliformis mosseae

- Gigaspora margarita

- Glomus aggregatum

- Glomus deserticola

- Paraglomus brasilianum

- Rhizophagus clarus

- Rhizophagus irregularis


Si vous êtes passionné.e.s ou avez expérimentés différentes associations et méthodes, n'hésitez pas à laisser un commentaire,

je serai heureuse d'échanger avec vous.


Le prochain article présentera les différentes possibilité de prélever et cultiver ses mycorhizes, pour inoculer à la maison suivant son contexte et ses besoins.

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