• marlenevissac

La varroose - Apiculture d'accompagnement - Ruche tronc


Varroa sur ouvrière

" Il n’est pas recherché, il est partout ! Petit rappel … Dans les années 1980, l’obsession dut toujours plus en productivité et en supposé facilité de travail fait que de plus en plus d’apiculteurs (dont j’étais) optent pour des cheptels d’abeilles d’importation – entre autres, l’abeille carniolienne - l’abeille noire faisant, pour le compte, figure de sale gamine à qui on claque la porte. Avec ces importations, arrive Varroa, un acarien dont la femelle se nourrit de l’hémolymphe de tous les membres de la famille des abeilles, y compris les larves.


Les femelles, pour pondre leurs rejetons, se font enfermer (souvent à plusieurs) dans une cellule du couvain. Elles ont une prédilection pour le couvain de faux bourdons. Là, chacune va pondre quelques oeufs, dont au moins un mâle. Mais comme ces femelles sont capables de réaliser plusieurs cycles de ponte, on voit là le degré d’infestation qui peut affecter une seule cellule ! Après éclosion des oeufs, une fois arrivé à maturité (un peu moins de 10 jours), les mâles fécondent les femelles. Si les mâles meurent assez rapidement (ils ne peuvent se nourrir), les femelles, elles, une fois sorties de la cellule, vont proposer leurs nuisances partout dans la ruche en se véhiculant par abeilles interposées. Imaginez à quelle vitesse peut se propager l’infestation.


Une colonie d’abeilles saines et bien équilibrées infestée par le varroa et qui ne reçoit aucun traitement s’effondre dans la troisième année d’infestation." Henri Giorgi

Le varroa est un acarien. Il est donc sensible à certaines molécules chimiques adaptées, mais il sait aussi parfaitement en atténuer les effets au fil du temps. Il semblerait qu’il soit aussi vulnérable à certaines huiles essentielles. Dire que tout a été mené pour l’éradiquer ne serait pas éloigné de la vérité.


Traitement à l'acide oxalique


La ruche tronc, par ses particularités spécifiques (rayons fixes), ne peut accepter qu’un traitement par le bas. Le système de traitement par l’acide oxalique permet ce type d’opération. De plus, les manipulations sont rapides et l’efficacité acceptable. Le but n’est pas d’éradiquer le parasite à cent pour cent. Nous n’y arrivons pas, et cela quelle que soit la méthode. Mais maintenir un seuil d’infestation suffisamment bas pour permettre à nos abeilles de lutter et de continuer à vivre à peu près confortablement reste possible avec cette méthode.

En revanche le traitement à l’acide oxalique est absolument sans effet sur les varroas enfermés dans les cellules du couvain, ce qui implique que cette méthode est réservée aux périodes hors couvain. C’est à dire de novembre à janvier dans la plupart des cas. »

Pour éviter les interventions hivernales, Henri Giorgi propose cette méthode :

« Nous ferons donc notre traitement début octobre. Certes, nous n’atteindrons qu’une population de varroas présents sur les abeilles et pas celle dissimulées dans le couvain, mais à cette période, la ponte de la reine ayant considérablement baissé, nous devrions limiter sérieusement la population de varroas.

Un petit investissement sera nécessaire dans l’achat du Varrox. Un appareillage simple qui permet la mise en chauffe de la poudre d’acide sous les rayons de votre ruche. Les émanations vont atteindre les varroas et les éliminer.


Nous sommes au mois d’octobre. Pratiquez cette intervention le soir après le rentrée des abeilles.

Dans la journée, vous aurez placé un lange vaseliné au fond de la ruche. Celui-ci servira de contrôle après le traitement.

Evitez d’enfumer la ruche. Travaillez avec le plus de douceur possible.

Prévoyez : un seau d’eau froide si vous traitez plusieurs ruches, une montre, une toile roulée en boudin (pour calfeutrer le bas de la ruche), de la mousse tendre (pour obstruer les trous d’entrée).

Préparez votre appareillage. La batterie doit être éloignée de la ruche autant que les câbles de l’appareil le permettent.Equipez vous : gants, lunettes, masque, manches longues.Penchez votre ruche vers l’arrière de façon à faire une entrée d’environ de 2 cm environ.Remplissez ce récipient (une poêle) sous la ruche de façon à ce qu’il soit placé en son centre.Reposez la ruche à plat. Placez la toile autour et fermez les trous d’entrée avec la mousse.Dirigez vous vers la batterie et branchez l’appareil.A partir de ce moment, comptez 2 minutes trente.Coupez la batterie. Attendez encore 2 minutes sans rien toucher.Enlevez ce dispositif, mais laissez en place mousse et toile pendant encore 10 minutes.Remettez tout en ordre.Retirez votre lange vaseliné le lendemain matin afin de constater l’efficacité de votre traitement.

Si vous devez passer à une autre ruche pour un nouveau traitement, refroidissez au préalable la petite poêle en la plongeant dans le seau d’eau froide.

Dès le mois de mars (ou février si la température est au dessus de 15°C), faites un nouveau traitement de cet ordre. »


Extrait du livre « Ruche tronc, une apiculture d’accompagnement », de Henri Giorgi

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