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Les Micro-Organismes Efficaces - EMS

Le sol est vivant !

Les plantes poussent en extrayant du sol des substances nutritives en suspension dans l'eau (dite hydrosolubles), rendu disponible grâce au travail silencieux des micro-organismes du sol, qui décomposent, digèrent les matières organiques du sol en humus fertile.

LE SOL

Le sol est un écosystème fragile, une peau qui permet la rencontre entre le monde minéral (issu de la dégradation des roches mères), le monde organique (issu des cycles des vies animales et végétales, dont la matière organique a été décomposée par les micro-organismes) et les gaz issus de ces activités biologiques.

Les micro-organismes sont nombreux et forment le réseau trophique du sol, des collemboles aux nématodes, des bactéries aux protozoaires, des fonges aux acariens, etc...

Le sol est donc un système écologique complexe dans lequel cohabitent une grande diversité d'espèces différentes. En un mot il est vivant ! Et quand un sol est vivant, il permet de produire des récoltes saines, puisqu'il reçoit le fruit des vies en interactions constantes.


Un bon sol sur lequel tout pousse réagit avec souplesse et élasticité au piètinement. Un tel sol devient rarement acide, délavé par la pluie ou balayé par le vent. Il devient résilient, capable d'atténuer les influences extérieures et de développer des forces d'auto-purification. Un tel sol a une structure grumeleuse : les minéraux et l'humus se collent souplement les uns aux autres.

Les micro-organismes qui décomposent le matériau organique et forment des substances collantes (biofilm ou saccharides) particulièrement actifs dans ce processus.

LES PLANTES

Les plantes sont capables de produire des substances organiques. Elles transforment l'énergie solaire par photosynthèse pour former des liaisons organiques. C'est ainsi que sont produits les nutriments essentiels à tous les êtres vivants, du microbe à l'humain.


Lorsque ces nutriments sont passés par de nombreuses formes vivantes, ils sont transformés en fin de cycle en eau et en dioxyde de carbone. La transmission d'énergie se déroule de cette manière. L'eau et le dioxyde de carbone sont retransformés en matières organiques à l'aide de l'énergie solaire absorbée par les plantes. Toute vie terrestre dépend du sol qui dépend des vies qui assurent les cycles incessants de la vie.


L'ensemble des éléments nécessaires à la croissance et la santé du végétale est issu de la décomposition assurée par les micro-organismes.

Tableau qui recense les éléments principaux nécessaires

à la santé des cultures et du sol.


Chaque feuille des plantes est couverte de centaines de milliers de spores, de bactéries, et autres micro-organismes. En fonction de la santé du sol, de la vigueur de la plante, les pathogènes peuvent être présents sur la feuille sans pour autant créer des dégâts. Si les maladies cryptogamiques se développent, cela indique que le sol est déséquilibré, appauvrit, les plantes en carence et chacun perd sa puissance de défense immunitaire. Les inoculations peuvent être appliquées en aériens dans le but d'ensemencer les feuilles et les aider à se défendre des potentiels pathogènes.

LA CULTURE DU SOL

A vitesse géologique, il faut beaucoup de temps pour qu'un sol premier, brut, minéral, devienne une terre fertile, arable et capable de supporter des cultures nutritives.

Une agriculture conforme à la nature ne consiste pas à attendre que cela pousse de soi-même. C'est une méthode pour réveiller au maximum les forces de la nature en faisant appel à l'intelligence et la bienveillance humaine.

Tout repose sur le soin apporté au sol, l'améliorer par un travail adapté, ce qui est du devoir de l'humain : mettre au point une méthode de culture pour permettre de nourrir tous les êtres.


Les problèmes apparaissent sur une plante et se manifestent à terme par l'apparition de parasites quand le sol n'est pas sain. Un sol sain et fertile développe une bonne structure grumeleuse sur laquelle poussent des plantes saines capables de résister aux parasites. La nature dispose à l'origine de tels mécanisme, l'agriculture naturelle est une méthode visant à réunir tous ces facteurs dans un fonctionnement harmonieux.

LES MICRO-ORGANISMES EFFICACES - LES EM

Les EM regroupent différentes sortes de micro-organismes qui favorisent la croissance des plantes. Ils désignent un mélange de culture liquide de micro-organismes aux effets positifs pour le sol et l'être humain. Ce liquide se compose pour l'essentiel de lactobactéries, de levures, et de bactéries de photosynthèses. Des mélanges appropriés de différents microbes aux propriétés utiles pour l'humain permettent d'obtenir de grands effets sur la fertilité et la résilience du sol.


95% des végétaux sur terre sont interdépendants de micro-organismes, leur permettant d'obtenir les éléments nutritifs. Les EM assurent un rôle déterminant dans la formation de la structure grumeleuse du sol.

Le principe est simple et repose sur le comportement social des bactéries. Dans un sol sain et vivant, poreux et humifère, il y a :

  • 10% de bactéries dites "bénéfiques", indispensable à la santé du végétal,

  • 10% de bactéries dites "pathogènes", vectrices de maladies,

  • 80% de bactéries qui attendent de voir qui dominent afin de se ranger à leur fonction et les soutenir.

Aussi, la méthode qui permette de nourrir le sol consiste à inoculer le sol avec des bactéries (micro-organismes efficaces) bénéfiques, afin qu'elles deviennent les dominantes et enrôlent les 80% qui attendent un modèle.


Lorsque l'on introduit des EM, ceux-ci prennent la direction des opérations et les microbes, vers de terre, nématodes, se multiplient. La qualité du sol s'améliore rapidement et devient en peu de temps très fertile, très nourrissant.

LES PRÉPARATIFS

Pour un sol vivant et réceptifs aux méthodes d'inoculation bénéfique, quelques matériaux sont nécessaires d'avoir à proximité :

  • Un compost mûr, équilibré, humide, riche ;

  • Du calcaire coquillier ;

  • De la semoule de charbon de bois ;

  • Des EMS ou de starter de Bokashi.

Le sol se nourrit, il s'amende de matière organique carbonée (qui améliore sa structure, sa porosité, sa capacité de rétention (eau et éléments nutritifs), de compost mûr qui contient des minéraux hautement nutritifs, qui seront mis à la disposition des plantes au fur et à mesure que les EM vont l'intégrer au sol. Le sol se protège des eaux, des vents et du soleil.


Le sol s'inocule d'EMS, ainsi que les racines, les feuilles, les graines des plantes qui évolueront sur le sol, grâce à des recettes faites avec amour à la maison soit à partir de liquide issu du commerce dont le terme souvent employé est le Bokashi.


Le bokashi est devenu un produit labellisé et commercialisé. Je vous propose ici des recettes qui peuvent se faire à partir de ce que l'on a à la maison.


Thé de compost :

Il s'agit, à partir d'un compost mûr, de favoriser la multiplication des milliers de micro-organismes qu'il contient.

COMMENT FAIRE ? Mettre une poignet de compost mûr dans une vieille chaussette, un bout de tissu, un vieux bas, dans une eau à température ambiante, brassée pendant 24h grâce à une pompe d'aquarium qui permet d'intégrer de l'air dans l'eau et ainsi soutenir le développement de la vie contenue dans la poignet de compost.

Le liquide est ensuite appliqué dilué à 20% pour les racines, 10% pour les feuilles, fleurs, et autres parties aériennes.


Ce liquide permet de dynamiser les racines des arbres lors de leur plantation, favorise la reprise racinaires après la transplantation des potagères, et autres plants. Permet aux feuilles de se défendre des spores ou bactéries "pathogènes".


Le "BOKASHI" Maison

Il s'agit de favoriser le développement de EM sélectionnés dans des conditions favorables : nourriture, air, humidité.

Voici ma méthode :

  • Démarrer des levures (vieux pains, levure de bière, marc de vinaigre, etc...) au contact de quelque chose de nutritif et plein de sucre (mélasse, vieille confiture, etc...) dans un peu d'eau tiède (max 60°C). Que vous brasserez à la main, plusieurs fois / jour.

  • Après l'apparition de mousse et d'une odeur de vinaigre doux, filtrer le liquide et l'appliquer aux racines, feuilles, fleurs en dilution de 20%.

  • Une partie de ce jus pourra être ajouté à votre compost, muni d'un robinet, pour en favoriser la décomposition. Le jus très foncé qui sortira de votre compost est un liquide hautement nutritif, à appliquer dilué à hauteur de 10%.

  • Votre compost de jardin peut être humidifié avec ce jus, il en sera dynamisé et la décomposition sera améliorée et accélérée.

Les lactofermentés :

Il s'agit d'inoculer les racines et les parties aériennes des plantes pour en favoriser leur santé mais aussi accroître le potentiel de symbiose et également de limiter voir arrêter les propagations de tavelure, par exemple.

A partir de lactosérum* (petit lait, dont les laitiers ne savent que faire !) ou de yaourts périmés, il s'agit de développer les micro-organismes contenus dans ces solutions au profit du sol et des plantes qui les recevront.

Mes recettes :

  • à partir de vieux yaourt : dans un seau, rempli au 3/4 d'eau non chlorée, je glisse un bonne poignet de feuilles mortes ou de paille. J'intègre les yaourts dans le seau et les matières organiques carbonées, auquel je rajoute de la mélasse ou de la confiture. Je brasse avec mes mains 2 à 3 fois / jour jusqu'à l'apparition de mousse et d'odeur florale et légèrement acide. Je filtre le liquide que j'applique dilué à 10%, et le substrat carboné devient une couverture pour une plate bande ou repart dans le compost.

  • à partir de lactosérum : peut être appliqué pur mais dilué à 20% sur les feuilles des fruitiers par exemple pour les prémunir de la tavelure, et autres (cloques par exemple).

Pour une application en racinaire du lactosérum, je réaliserai le même procédé qu'avec le yaourt, le jus sera alors ajouté au pralin prévu pour la plantation. Sur un arbre déjà planté, j'inoculerai le couvert avec le jus.


Litière forestière fermentée :

Ou "Li-Fo-Fer" est un cortège de bactéries, levures et champignons que l’on élabore par fermentation de litière de forêt.


La première étape de fabrication consiste à réaliser une « phase solide » de Litière Forestière Fermentée (Li-Fo-Fer) : la ressource de base pour la reproduction des microorganismes bénéfiques. Cette phase solide sera utilisée directement comme engrais organique ou servira ensuite à l’élaboration d’une « phase liquide ».

Matière solide :

Les matières premières utilisées varient selon le contexte pédo- climatique, l’objectif étant d’utiliser les ressources locales pour cette préparation. Dans tous les cas, il y a besoin de : - la litière forestière ; - une source de sucres rapides (sucre, jus de fruit, miel, mélasse) ; - une source d’amidon et de fibres (son de blé, maïs, sorgho) ; - une source de bactéries lactiques (petit lait, lait, yaourt).

  1. Récupérer de la litière forestière en décomposition.

  2. Sur un sol plat, étendre la litière, y ajouter le son puis brasser le tout jusqu’à l’obtention d’un mélange bien homogène. Mélanger le petit lait et le sucre et humidifier la litière-son avec ce mélange. Utiliser le test du poing pour déterminer la quantité d’eau à ajouter : prendre une poignée de mélange et la serrer fortement dans une main. Si l’eau coule, ajouter de nouveau un peu de son. Si c’est encore sec, ajouter de l’eau sucrée. Bien mélanger.

  3. Un fois le mélange prêt, remplir le bidon en tassant régulièrement pour chasser l’air (le processus doit être majoritairement anaérobique). 4 Poser une feuille de plastique recouverte de sable pour tasser le mélange et enfin fermer le bidon et l’entreposer dans un lieu entre 25 et 30°C pendant un mois.

  4. Au bout d’un mois, ouvrir le bidon et sentir l’odeur qui s’en dégage. Une bonne odeur aigre-douce signifie que la Li-Fo-Fer en phase solide est prête à être utilisée. Elle se conservera deux ans, si l’anaérobie est maintenue dans le bidon. Par contre, si une mauvaise odeur de putréfaction ou de vinaigre se dégage du bidon, jeter le produit, car la fabrication a échoué.

Phase liquide activée :

L’activation permet au consortium de microorganismes de se reproduire de manière exponentielle. Elle donne un produit plus pratique à appliquer. Enfin, elle rend cette technique plus rentable économiquement : 60Kg de Li-Fo-Fer en phase solide donnent entre 1200 litres et 2000 litres de phase liquide, à diluer lors de l’utilisation. Comme dans la première phase de préparation, le choix de matières premières est à adapter aux ressources locales. Le tableau 2 donne les matières premières et quantités utilisées pour la préparation d’un bidon de 60L, qui donnera 50L de Li-Fo-Fer liquide activée.

La Li-Fo-Fer filtrée doit être stockée dans des récipients hermétiques remplis à ras-bord. Les poches à vin sont pour cela bien indiquées. L’utilisation du produit montre de meilleurs résultats les trois premières semaines après sa fabrication car la densité de population de microorganismes diminue de jour en jour. En usage agricole, certains préconisent donc de ne pas utiliser une Li-Fo-Fer de plus de deux mois sauf pour une application au sol ou au compost. La Li-Fo-Fer peut être réactivée en ajoutant à nouveau une source de sucre, de l’eau et éventuellement du petit lait. Il faudra alors évaluer à nouveau la qualité du produit par son odeur et son pH.


Procédé pour la phase liquide :

1. Peser les 3 kg de mélasse ou 1.2 kg de sucre, 3 kg de Li-Fo-Fer et 3 L de petit lait.

2.Dissoudre dans le bidon le sucre avec 30 L d’eau, ensuite mélanger la Li-Fo-Fer et le petit lait, brasser, puis ajouter le reste de l’eau à 30°C jusqu’à remplir le bidon. 3. Une fois rempli, bien fermer le bidon hermétiquement, et installer une bonde pour permettre la sortie des gaz et éviter l’entrée de l’air. 4. Laisser la préparation à 25°C pendant 2 jours pour lancer la fermentation, maintenir ensuite à 15-20°C pendant 5 jours. Temps de fermentation total : une semaine. 5. Un fois la fermentation terminée, la solution doit avoir un pH entre 3,5 et 4. En cas de pH inférieur ou supérieur, ne pas utiliser le produit. L’odeur est également un bon indicateur de viabilité (voir phase solide).


Dosage pour applications :

Dosage pour le soin aux fruitiers :

Et bien d'autres applications sont possibles : les animaux, le sol directement, les eaux de consommation animale, etc...

En résumé

En traitant le sol et les plantes qu'il soutien, comme l'on traite notre ventre par notre alimentation, nous mettons toutes les chances du côté de la fertilité et de la santé de notre sol, bien commun de l'humanité.


Ces recettes nous permettent d'inoculer le sol par des recettes et procédés ancestraux, nous réconciliant ainsi avec nos connaissances primitives et nos talents de sorcier.e.s


Le tout avec pour ingrédient principal : l'amour, dans chacun de nos actes et intentions pour le bien être de notre alimentation.

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