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Manuel de Transition - Maires, Citoyen.ne.s !

Comment les maires et les citoyen.ne.s peuvent-ils engager leur commune sur la voie de la transition ? Quels sont les outils à disposition et par où commencer ? Socialter a sélectionné une série de mesures proposées par des ONG, associations et autres acteurs chercheurs ou spécialistes.

REPENSER L'ALIMENTATION, L'EAU ET LE BÂTI À L'ÉCHELLE LOCALE
RÉDUIRE COLLECTIVEMENT LES DÉCHETS
  • Se passer du plastique jetable possible grâce au rapport "Territoire Zéro Waste" de l'association Zero Waste France

  • S'occuper des biodéchets, devenant obligatoire de les trier à la source en 2023

  • Mettre en place une tarification incitative pour sensibiliser, par le prote-feuille, les irréductibles qui ne veulent pas prendre leur responsabilité face à ce que l'on laisse aux générations à venir, VOS ENFANTS :


  • Favoriser le réemploi grâce à la création de ressourceries, recycleries de toutes tailles et d'espace de dons dans les déchetteries.

TENDRE VERS UNE VILLE ALIMENTÉE EXCLUSIVEMENT EN ÉNERGIES RENOUVELABLES
  • Mener une politique de sobriété et d'efficacité énergétique, rendu possible grâce à la SCIC Enercoop

  • Encourager les projets d'énergie citoyenne, ce que la SCIC Enercoop propose également.


PARVENIR À DES COMMUNES RÉSILIENTES ET AUTONOMES

Voici quelques pistes pratiques, qui bénéficient de soutien de la part de personnes et structures engagées, professionnelles et formées.

Nous avons des idées, ne laissons plus l'autorité décider à notre place de ce qui est bon pour nous et nos enfants, nous le savons mieux que personne. En tant qu'être vivant, nous pouvons proposer, oeuvrer et accompagner à la transition que nous souhaitons voir éclore dans nos sociétés.


D'autres idées, d'autres expériences, d'autres solutions ont été testées, appliquées, n'hésitez pas à laisser un commentaire pour nourrir les échanges et participer à la circulation de vos initiatives et favoriser l'information citoyenne active.



Pour aller plus loin :

Reste à savoir si "le vote est une illusion", idée défendue par Francis Dupuis-Déri, enseignant au département de science politique et à l'institut de Recherches et d'études féministes (IREF) de l'université du Québec à Montréal.

L'ABSTENTION

"Dans les années 1980 et dans l'ensemble des grands régimes électoraux occidentaux, l'abstention est clairement en hausse, stabilisée d'ailleurs. Les raisons sont nombreuses :

  • réduction de l'offre politique

  • perte de confiance dans les gouvernements

  • sentiment d'impuissance

  • affirmation d'une dissidence

  • rejet des candidats et du système soit disant démocratique

  • souhait de sortir de l'escroquerie électorale

  • etc...

Le dégoût est global, y compris chez ceux qui vont voter...


Si le contrôle des institutions par l'élite est très stable, la perception du politique par la population est quant à elle négative. Il est vrai qu'un nombre conséquent d'abstentionnistes s'intéressent à la politique, à la société, et aux enjeux sociaux, culturels, économiques et environnementaux. Beaucoup d'entre eux s'engagent d'ailleurs politiquement sur leur lieu de travail, dans des syndicats, dans des collectifs citoyens ou militants... C'est donc une abstention réfléchie.

À l'opposé, on sait très bien que de nombreux électeurs votent pour un candidat sans même avoir lu son programme politique, se contentant de quelques interventions télé ou d'articles médiatiques. Les ignorants se trouvent des 2 côtés de la barrière."

LE VOTE EMPÊCHE-T-IL L'ACTE CITOYEN ?

" J'entends souvent dire - surtout à gauche - qu'un mouvement social doit faire alliance avec un parti politique, lequel deviendrait alors le relais des électeurs pour changer les lois ou prendre des décisions. En réalité, il s'agit d'un pacte piégé à sens unique : les cadres du parti politique, qui disent porter la voix des électeurs, ne respectant pas leur promesse même lorsqu'ils sont élus. Surtout l'énergie employée est gâchée.

Si toutes les personnes investies dans le processus électoral mobilisaient leurs forces pour soutenir les contestations sociales et défendre les créations autonomes, les ressources seraient énormes.

Elles représentent des dizaines de milliers d'individus qui consacrent des millions d'heures lors des périodes électorales. Location de salles ou de véhicules, production de matériel de propagande, organisation de rassemblements, porte-à-porte, et j'en passe... C'est un immense gaspillage.


Dans l'espace public, le vote relève de l'injonction morale, presque religieuse ave la notion de "pêchés" : les personnes qui votent tendent non seulement à critiquer, mais aussi à rendre responsable des maux de la société ceux qui s'abstiennent.


Le phénomène de coercition électorale s'observe autant dans le cercle familial qu'amical. Dans de nombreuses familles, cet endoctrinement ou allégeance au vote naît dès le plus jeune âge par l'entremise des parents.


Au Québec comme en France, on poursuit d'ailleurs ce travail d'endoctrinement des enfants à l'école primaire et secondaire avec l'élection des délégués. Si vous êtes sensibles au vote, vous allez considérer cela comme une formation civique. Mais si on y pense de manière objective et plus critique, on constate qu'il s'agit d'un processus d'endoctrinement, et donc qu'on impose un entraînement aux élèves. Qu'on leur transmet une version subjective de l'histoire.


Nos ancêtres sont certes morts nombreux pour le droit de vote, en Europe il y a aussi eu beaucoup de morts, des dizaines de milliers de personnes, en défendant une certaine forme de démocratie directe ou d'autogestion sans élection. On peut prendre l'exemple des conseils ouvriers au début du XXème siècle, qui luttaient pour des idéaux autonomes et non autoritaires, et dont les membres se sont fait massacrer par l'ordre parlementaire. Donc, lorsque l'on célèbre la mémoire de ceux qui sont morts pour le droit de vote, on passe sous silence celle des individus morts pour une démocratie directe".

VOTE OU POLITIQUE ?

"Pour le dire de façon simpliste, si tous les être humains étaient de bonne personne, voter pour autrui ne serait pas plus mal que le tirage au sort, puisque les élus seraient bien intentionnés. Ce serait beaucoup plus simple. Sauf que la réalité est tout autre, et qu'il y a de bonnes raisons de se méfier de ceux qui nous gouvernent. Le système électoral a en effet quelque chose de problématique : en favorisant un concours de popularité, il attire les ambitieux, les prétentieux, les arrogants, les vaniteux, qui redoublent d'efforts pour se construire une carrière politique. Les candidats sont gérés par des agences de marketing ; ils sont vendus comme des fruits au marché avec le logo d'un parti. Résultat : les gagnants de ce jeu électoral ne sont pas nécessairement animés par le bien commun ou par des valeurs de solidarité comme l'empathie. Sans parler des variables socio-économiques qui empêcheront toujours une immense frange de la population. La preuve, en France seulement 1% des parlementaires ont eu une expérience ouvrière.


D'un point de vue strictement personnel, il n'arrive quasiment jamais qu'un seul vote bouleverse le résultat. Ce n'est qu'une illusion, légitime certes, et ce n'est pas plus fréquent que de gagner le gros lot au loto. D'aucun rétorqueraient que le système électoral fonctionne justement de manière collective et que l'union d'individualités fait la force. On arrive là à un nouveau problème, et le cas de la France est encore une fois exemplaire : cette injonction à voter en bloc contre l'extrême droite, tend à un résultat absurde. Le curseur politique bascule alors de plus en plus vers les conservateurs et bien des politiques d'extrême droite sont finalement mises en place par des partis qui se prétendent de droite. Voilà le piège".

RENVERSEMENT DE PARADIGME

"Le fonctionnement du système ne dépend pas de la participation électorale. À la fin du XIXème siècle, la Grande Bretagne représentait le pays libéral le pluis puissant de la planète, mais seulement 10% des adultes avait le droit de voter. Un gouvernement parlementaire peut tout à fait fonctionner avec un très faible taux de participation. Encore il existe une illusion énorme sur le lien entre l'impact du vote et la capacité d'action des élus. Il n'a a au contraire quasiment aucun rapport, et aucune raison de penser que le fonctionnement du gouvernement français changerait si l'abstention atteignait les 60%. Faut il rappeler que certains présidents aux États Unis font la loi en ayant recueilli à peine 25% des suffrages ?"


DÉMOCRATIE

"L'usage même du mot démocratie doit être débattu, puisque nous ne pouvons pas voter nous même les lois. En vérité, nous ne sommes pas tellement en démocratie, mais dans des régimes parlementaires - qui sont des héritiers de la monarchie du Moyen-Âge. On a seulement donné les pouvoirs du roi à un parlement ou à un président. Une réelle démocratie pourrait voir le jour avec le tirage au sort*, qui permettrait d'éviter les inconvénients du système électoral actuel - lequel encourage la corruption et la concurrence. La politique ne doit pas seulement se passer au niveau national ou à l'Élysée."


Pour approfondir : "Nous n'irons plus aux urnes. Plaidoyer pour l'abstention. De Francis Dupuis-Déri, Lux Éditeur.


Propos recueillis par Florian Cadu de Socialter


* Auteurs qui ont parcouru cette possibilité :

- Naom Chomsky : www.noam-chomsky.fr/livres-chomsky/l-indispensables/#comprendre

- Murray Bookchin

- Ivan Illich

Et tant d'autres...


N'hésitez pas à partager, commenter de vos expériences et idées sur de nouveaux modèles démocratiques, pour un nouveau monde sur la même planète.

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